dimanche 23 mars 2014

Ces softs qui m'ont marqué à vie- par Bruno Rocca.


Anecdotes de gamers

Une fois par mois (parfois deux) un joueur expérimenté (de la catégorie des passionnés les plus vifs) nous fait revivre une licence, un jeu marquant, une console... autour de ses souvenirs personnels, d'anecdotes inédites et autres petits plus qui forgent le style et la passion. Déjà interviewé sur le blog alors qu'il œuvrait à l'époque chez IG mag (Itw à lire ou relire ici) l'ami bruno nous revient, avec quatre jeux, qui l'ont marqué durablement ...

    
Ma rencontre avec le jeu vidéo s'est déroulée en plusieurs temps. En effet, quelques étapes ont été nécessaires avant que la passion pour ce média ne prenne une place importe dans ma vie. Enfant, je me suis amusé avec la console Videopac de Philips, une console estampillée SEB (si, si)  abritant diverses déclinaisons de Pong, sans oublier quelques Game & Watch (si l'on peu vraiment parler de jeu vidéo pour ces derniers). Puisqu'il est question ici des softs qui ont marqué ma vie de joueur, vous vous doutez bien qu’il est très ardu de se limiter à quelques exemples. Néanmoins, lorsque cet exercice m’a été proposé, quatre jeux sont naturellement sortis du lot.

 
Commençons par Shadow of the Beast sur Amiga. Celui que certains magazines spécialisés de l'époque qualifiaient de démo technique peu ergonomique a été pour moi (comme pour beaucoup de possesseurs du micro de Commodore) un choc sensoriel titanesque. Développé par le studio Reflections et édité par Psygnosis 1989, ce titre d'action-aventure a chamboulé le petit gars de 13 ans que j'étais. Porté des graphismes s'inspirant de l'artiste Roger Dean (les fans de Psygnosis savent de quoi je parle) et les mélodies enivrantes de David Whittaker, Beast m'a transporté comme aucun film ou bouquin n'avaient réussi à le faire jusque-là. Cette production avait su concilier exploit technique et direction artistique de haute volée. Quant au gameplay, sa grande rigidité ne m'empêcha pas de m'amuser et d'arriver à voir le générique final (un mini exploit tant le niveau de difficulté était élevé). En clair : le virus du jeu vidéo s'était définitivement ancré en moi en cette année 1989.
 

Le deuxième titre que j'aimerais évoquer tourne également sur Amiga : Turrican II. Sortit en 1991 et développé par Factor 5 (pour le compte de Rainbow Arts), ce mélange improbable de Super Mario Bros., Metroid et Psycho-Nics Oscar propose au final une formule inédite, amorcée par le premier épisode qui était déjà une grande réussite. Je ne vais pas tourner au tour du pot : avec son level-design délirant, son immense aire de jeu, ses nombreux passages secrets et son action tonitruante, Turrican II reste à mes yeux la référence ultime du genre run and gun. Né de l'esprit de Manfred Trenz, cette pépite se drape également d'une bande-son inoubliable signée Chris Hülsbeck. En outre, c'était la première fois que je refaisais un jeu en boucle. Je connaissais chaque niveau par coeur et achevait le boss final avec un grand nombre de vies en poche. Quel dommage que ce monument soit aujourd'hui difficilement accessible.


Les deux derniers jeux de ma liste sont sans doute les plus importants. On entend bien souvent que la perfection n'existe pas mais selon moi, ces deux titres l’ont atteint dans leur catégorie. Il s'agit de Super Mario World et de Final Fantasy VI sur Super Nintendo. Abordons de suite les premières aventures du plombier sur console 16 bits. J'ai tellement écrit sur celui-ci que je ne sais plus par où commencer. Avec sa World Map astucieuse, ses niveaux complètement fous, ses nombreux secrets et la souplesse de son gameplay, Super Mario World demeure à mon humble avis le jeu de plates-formes ultime. Il ne se passe pas une année sans que je le refasse de fond en comble. Et pourtant, je ne suis aucunement passéiste et aime énormément Super Mario 64, Super Mario Galaxy et les New Super Mario Bros. (opposer les jeux classiques aux softs plus récents n'a d'ailleurs aucun sens, soit dit en passant). Je me souviens encore des nuits entières passées à explorer chaque recoin des nombreux stages proposés par Shigeru Miyamoto et  Katsuya Eguchi, de la joie ressentie par la découverte d'une nouvelle sortie alternative ou d'une énième salle remplie de bonus. Je n’ai qu’une hâte : faire découvrir Super Mario World à mon fils quand celui-ci sera assez grand pour en profiter.


Quant à Final Fantasy VI, il m'a profondément bouleversé. Son histoire, son univers, sa bande son inégalée et signée Nobuo Uematsu. Tout a déjà été dit sur le sujet et il est difficile d'aborder le jeu de Squaresoft sans paraphraser son voisin. La découverte de FFVI chez un ami de l'époque fut un choc. Ce bon camarade possédait la version japonaise et me la prêta durant des vacances scolaires. Je ne comprenais rien à l'histoire mais je tentais de l'imaginer, la maestria de la direction artistique et le gameplay en béton armé faisant le reste. Fort heureusement, le jeu fut localisé aux États-Unis et pour l'obtenir, j'avais revendu un bon paquet de cartouches Super Nintendo. Enfin, le destin tragique de Tina, Locke, Celes et de toute la fine équipe devenait compréhensible et, de fait, encore plus émouvant. Et pour profiter pleinement de l'expérience, je m’étais rué dans une boutique spécialisée afin de faire switcher ma console. Car sans cette opération, impossible de profiter de l'intégralité de la scène finale, ainsi que des menu du jeu (en effet, un simple adaptateur ne permettait pas d'accéder à l'intégralité du contenu).

                                         La SNES de Bruno (customisée par Vadu Amka)

Pour l’anecdote, l'un des plus beaux cadeaux de mon épouse fut le moment où elle chanta le thème de Celes (Aria di Mezzo) durant notre mariage. Une surprise magnifique et un moment magique que peu de fans de FFVI ont du connaître.
 

Quant il est bien fait, le jeu vidéo s’avère un incroyable vecteur d’émotions. Et quand il est mitonné avec amour, il ne nous déçoit pas, même après plus de vingt ans d’existence. C’est le cas des titres qui sont cités dans ce témoignage.

Bruno Rocca


Rédacteur pour la presse jeu vidéo durant une bonne dizaines d’années (Game Fan, Pix’n Love, JeuxVidéo Mag, IG Mag), scénariste de la BD Pedro & Co et désormais contributeur de l’émission Retro & Magic sur Nolife, je fais aussi partie de la team du podcast franco-belge des bits et des pixels et me suis récemment lancé dans l’aventure YouTube avec ma chaîne Chez_Bruno. Cette dernière traite essentiellement de retrogaming via diverses rubriques comme "5 Bonnes Raisons" ou "C'est un bon jeu mais… ». Le tout avec humour, des vannes et des détournements. Venez nombreux, je vous aime déjà !