RETRO VERS LE FUTUR
« Quand la route est dure, les durs se mettent en route ! »
(The
Blues Brothers)
Il y a une trentaine de sorte de jeux vidéo, pas moins !- pour
environ 25000 titres sortis dont des centaines sont inclassables. Aussi,
prétendre tout connaitre, tester, classer - pour en rendre compte de manière
exhaustive et avec pour objectif principal de proposer la meilleure sélection
de jeux possible- parait, d’emblée, perdu d’avance. Cependant, en se penchant
sur les quatre décennies qui fondent l’histoire de ce jeune média et en se
focalisant sur la valeur ajoutée de certains titres par rapport à l’ensemble
existant, quelques jeux phares (manette en main) peuvent apparaitre. Ceci étant
posé, commençons le propos.
Episode 1 : Les
Jeux de foot
Impasse, paire et manque.
« Demain », et sans aucune surprise, le nouveau FIFA et le dernier opus
de PES
viendrons garnir nos échoppes habituelles- le mégastore Virgin et les magasins
GAME en moins. A la fin de l’année 2013, le fooball sur consoles de jeux
devrait ainsi se résumer à un match habituel: Konami contre Electronic arts ;
ça fait dix ans que ça dure !! Quid des années passées ? Quels sont les jeux
les plus marquants et qui ont permis à ces mastodontes -progressivement et par
touches successives- d’atteindre leur niveau actuel de réalisation? Quels
titres d’un autre temps pourraient revenir et tout changer ? Puisse cette
rétrospective, sur quarante ans de jeux, nous éclairer un peu…
70’s
Le foot avec les mains, il fallait y penser !
Au commencement, en 1972, sur la toute première console de jeux vidéo à
cartouches interchangeable (crée par Ralph Baer), les jeux de foot sont plus
proches de la photosensibilité que du photoréalisme! Les deux jeux de « fùtball
» proposés sur la console Odyssey
(Passing & Kicking-cartouche
numéro 3) et Running
(cartouche numéro 4) se résument, en effet, à un point de lumière blanc en
guise de balle et que l’on promène sur un tapis vert -collé à l’écran- pour
tout terrain!
Au mitan de la décennie 70 pour les différentes déclinaisons de
la console incluant le jeu pong (comme la Play-o-tronic de Zanussi en 1977) mais aussi
en arcade (Soccer
de ramteck-1973), c’est la même chose ! Tous ces jeux de sport sont très très
proches les uns des autres et très basiques dans l’apparat. On passe, d’un
click, du jeu de ping-pong au jeu de foot et seulement quelques traits
différencient un jeu de l’autre, une « balle pixel » pour point commun.

La situation va néanmoins s’améliorer avec la génération de
consoles qui suit, la représentation graphique permettant même de distinguer
des joueurs, le terrain et les buts! Toutefois, que ce soit sur le Philips Videopac
(L’odyssey 2), sur l’Atari
2600 ou, dans une moindre mesure, sur l’Intellivision et en arcade (Atari soccer , en 1979,
offre à la balle de foot son premier aspect réaliste et présentation du terrain
vue du dessus, qui fera date.) les jeux de foot interactifs restes victime de
leur époque… une poignée de pixels que l’on brasse, des règles de jeux quasi
absentes et une jaquette qui vend du rêve. L’ensemble est irréaliste.
Et il faudra attendre un match digne de ce nom, de 22 joueurs
sur le terrain (un nombre qui tarde à venir), encore un petit bout de temps…
LE JEU MARQUANT DES ANNEES 70=
NASL SOCCER
Dans cette période psychédélique, point de révolution pour le
jeu vidéo ! Les graphismes, l’animation et l’intérêt des jeux sont plutôt
sommaire et les graphismes (comme l’amusement) sont concentrés, comme relégués,
au stade de la jaquette…
On doit d’ailleurs celle de NASL Soccer (Mattel Electronics, 1979), pour
l’anecdote, à un peintre aujourd’hui devenu célèbre (Steve Huston) et qui
négocie ses toiles jusque 5000 dollars l’unité. L’artiste, qui a collaboré avec
le tout Hollywood (Dreamworks en lice), doit donc ainsi son premier job à la
compagnie Mattel. Une série d’illustrations des jeux de sports au sortir de la
console Intellivision et dont le foot fait donc parti. NASL Soccer est, par
ailleurs, le jeu le plus maniable et le plus réaliste de cette décennie…
80’s
Refaire le match, mais pas l’histoire !
En 1980, ça continue ! La majorité des titres proposés sont plus de l’ordre du
simulacre que de celui de la simulation. Ainsi, les Match day (1 & 2), Konami’s Football (1985)
sur MSX -le
tout premier jeu de foot de Konami ; avant HYPER SOCCER (1992), Iss (1994)et PES (2001)- et autres
balbutiements « vidéoball-listiques » ne feront, durant ces années, que réunir
les éléments constitutifs d’une partie (la balle, le terrain, les joueurs) mais
améliorent leurs « adjuvants » (graphismes, son, animation) - il reste du
chemin !

Ces jeux, tout de même, dans leur ensemble, proposent déjà les
différentes sortes de jouabilités et de représentation visuelles: de l’action
pure d’un coté et de la stratégie de l’autre (Football Manager, 1984 de Sports
Interactive) - voilà des éléments qui seront souvent réunis par la suite- ainsi
que les principaux modes, 2D, de représentation. Vue du dessus ou de coté (Match day) -à
l’horizontale ou à la verticale (Pelé
Soccer, Atari
2600). L’animation est également plus fluide et le scrolling
devient présent. Ce dernier point mis à part, c’est le titre Soccer sur la NES de Nintendo (1985)
qui se distingue des titres de l’époque à la mi-temps des années 80. Il offre
en plus de ses prédécesseurs et de ses concurrents un véritable control sur le
ballon, un intérêt supplémentaire et inédit jusque là.
Fin 80, du japon à l’Angleterre et pour conclure la décennie, le
genre va avancer! De Capitain
Tsubasa (Tecmo, nes, 1988) adapté en jeu vidéo à partir d’un
Manga à thématique footballistique (connu chez nous en animé et sous le nom «
Olive et Tom ») et qui n’a pour mérite que d’initier au football les futurs
auteurs de Winning eleven
(PES) jusqu’au Kick Off
-pierre angulaire du jeu de foot en occident, sorti en 1989 sur Atari ST puis sur Amiga. La jouabilité est
enfin réaliste (une véritable inertie dans la balle, des passes et des tirs qui
prennent en compte la force de frappe et la direction donnée).
Bientôt, le nombre de joueurs évoluant sur le terrain atteint 22
et le gardien va prendre la balle, les passes et frappes sont plus précises. Et
si les règles, de plus en plus respectées (Aux touches et corners -parfois
présents dans les années 70- s’ajoutent la prise en compte du hors-jeu et des
penalties) l’originalité sera aussi de mise. C’est l’émergence d’une approche
humoristique de la discipline avec Nintendo
Word cup (encore un titre de Nintendo).
Précision et humour, sérieux et fluidité la réalisation des jeux de foot devient
satisfaisante, 90 est là !
LE JEU MARQUANT DES ANNEES 80 =
KICK OFF de
Dino Dini (ANCO) sort en 1989 sur Atari
ST. Alors que jusque là le ballon collait aux pieds des joueurs
(dans une moindre mesure pour le Soccer
de Nintendo), à partir de Kick
off le ballon est poussé, ce qui ajoute en précision et permet,
avec de l’entrainement, de combiner les passes et de construire son jeu. Le
réalisme s’invite, les tirs brossés aussi. Enfin, des caractéristiques
différentes définissent les joueurs et les tactiques VRAIMENT influent en cours
de jeu. Enfin, de son extension appelé Kick
off extra time » sortira Player
manager (1990), un jeu gestion de football -qui lui aussi
devient une référence qui fera face à L’entraineur
(Sports interactive), le challenger du genre, qui sort la même année.
90’s
Plus on est de foot et plus il vit.
SENSIBLE SOCCER ouvre les
années 90. Développé par sensible software en 1992 (sur Amiga d’abord).
Disposant d’une vue aérienne un peu plus large que celle de Kick off, d’une facilité
d’accès indéniable (les tirs, lobs, passes et le jeu de tête sont très simple à
réaliser) et non content de proposer des effets sans défauts sur le contrôle
des tirs et de la balle ce titre très exigeant prend également en compte autant
les blessures que les changements tactiques et en cours de parties. La
puissance de frappe est également dosée. Privilégier la construction étant la
clef pour avancer. Enfin, en plus des compétitions officielles, un jeu de
management est aussi intégré, auquel s’ajoute un championnat (qu’il est
possible de créer de toutes pièces). Un jeu complet !!

Parallèlement, Nintendo sort, à l’occasion du lancement de la SUPER NINTENDO, le
fabuleux Super soccer
(de Human entertainment ) qui avec le mode 7 transcende l’original (Formation Soccer initié
sur la pc engine).
Cette simulation est à fois drôle (le look des personnages, les prises de
hauteur de la balle), fun (les rebonds du ballon, les tirs avec changement de
trajectoire) et réaliste. Un vrai sans fautes !

L’année suivante, FIFA
arrive. Et celle d’après, c’est ISS
(avec bientôt, deux types de jeu -la meilleure branche des concepteurs de la
série des ISS
(La KCET) prendra ensuite un autre nom, pour éviter les confusions : PES) ! La NEO.GEO, pendant ce
temps, porte au sommet le foot arcade. Et pour ce qui est des titres de gestion
footballistique Player
manager enchainent les suites face à l’entraineur et autre Premier manager
(Gremlin).

En 1996 Actua
soccer nous apporte la 3D et FIFA s’y essayera -pour mieux revenir avec
sa vue de ¾ proposée dès ses débuts (1993) et une 2D plus convaincante. Addidas power soccer de
Psygnosis (1996) joue la carte de l’originalité et enflamme le ballon de ses
tirs futuristes. Enfin, c’est aussi l’avènement de Libero grande (Namco,
1998) avec sa vue à la troisième personne et qui apporte au jeu de foot une
immersion totale. C’est une révolution ! Et pourtant, un échec. Ses graphismes
repoussants et une mise en situation peu crédible (on peut traverser tout seul
l’ensemble du terrain) ayant totalement occulté le point de vue novateur.
L’innovation apportée par ce jeu sera toutefois intégrée par la suite aux poids
lourds en devenir que sont FIFA
et (le roi) PES.
Cette décennie à tout offert au foot actuel, tel qu’on le
connait ! Toutefois, si l’un deux sort du lot, c’est bien le titre de Konami…
LE JEU MARQUANT DES ANNES 90=
ISS PRO 98 (Le PES
de KCET)
ISS Pro 98
(winning eleven 3) de Konami est sorti sur PlayStation en 1998 et est issue de la «
bonne » branche des PES
(KCET). Ceux d’avant ne sont pas bons et dès ce titre tout est présent. Il se
dégage de ce jeu de foot une sensation jusque là inédite...Tout peut se passer
devant les buts ! L’inertie du ballon -ou des forces qu’il subit- donne à
chacune des parties un caractère unique. Le réalisme et les possibilités
d’actions sont incroyables, tout comme les stratégies mises en place -et qui
influent réellement sur le cours du jeu.
L’état de santé des joueurs est également à prendre en compte. Représenté par
des smileys. Plus ou moins souriants et plus ou moins colorés, ceux-ci passant
d’une couleur vive (orange puis, jaune pétillant, bleu pale) à un gris triste
et qui transpire... l’aspect comique qui en découle n’en reste pas moins des
plus sérieux.
Bientôt, des compétitions s’organisent et qui vont réunir, à chaque itération
du titre, de plus en plus de monde. D’un jeu entre potes, le bouche à oreille
aidant, des matchs s’organisent à l’échelle nationale puis internationale… et
ce jeu, pourtant parfait, s’améliore chaque année et conquiert de plus
d’adeptes (y compris de FIFA
; son VRAI seul concurrent.).PES
devient culte.
00’s
Construire l’attaque -et au sens propre comme figuré!
Avec la domination écrasante de PES,
en alternance avec FIFA,
la décennie 2000 est marquée par diverses tentatives d’innovations et un retour
au foot arcade. Les jeux de foot interactifs deviennent « comiques » ou
défoulants. Le ton est donné par la Dreamcast
et la sortie concomitante de Virtua
Striker en arcade. La Gamecube
prolonge la tendance en proposant Super
Mario Strikers - à mi- chemin entre Addidas ower soccer et Nintendo Wrld cup- et
qui délivre un foot nerveux et hilarant !
Tous les coups de l’univers Mario y
sont représentés (jets de carapaces de tortues, de bombes, tirs de l’espace
ect.). Dans cette même lignée, SEGA reviendra à la charge avec son «SEGA SOCCER SLAM ». EA
emboîte le pas en proposant un foot de rue (FIFA STREET, 2005) avec Kool Shen au commentaire.

Dans la grande tradition des Soccer
Brawl (cousin de baseball
star 2020, neveu de Speed
ball 2) Super
sidekicks (92) et Ultimate
11 (96) -des titres
Neo.geo- le foot arcade est de retour! Jauge de force à gérer
avant d’envoyer des tirs d’une force surhumaine, coup d’épaule, tacles à tout
va et la simplification des commandes et du stratégique… il y a de ça dans Virtua Striker 2, le
football qui fracasse « coup de pieds, coup de poings, coup de bols » envahie
nos cafés, nos maisons et nos campagnes … (sic !)
LE JEU MARQUANT ANNEES 2000 !
VIRTUAL STRIKER 2 fait
fureur dans les salles japonaises et un tabac en occident. Quel est le café
dans nos régions qui n’en a pas un exemplaire ? La Dreamcast, puis la Gamecube
y vont aussi de leur version… proches/identiques à nos arcades.
Au milieu des années 2000, pendant ce temps toutefois, PES 5 deviendra le
produit culturel le plus vendu en France avec plus d’1,5 million d’unités
écoulées. Et PES 6
offrira quant à lui un mode « comique » supplémentaire ! On peut en effet y
jouer avec des kangourous ou bien avec des joueurs ayant des têtes d’animaux ;
et le tout sous la neige… le début de la fin ?
Oui, c’est un fait. Avec l’arrivée des nouveaux supports (la XBOX 360 puis la PS3), le réalisme ajouté
par la série des FIFA
et son ambiance toujours plus proche des retransmissions télévisées, va finir
par payer ! Détenteur des licences officielles les plus complètes, doté de plus
de possibilités d’actions -tout ce qui compose une partie de foot y semble
possible ou affluer - dès FIFA
2008 -et définitivement à partir du 2009, ayant gommé l’aspect
arcade - FIFA est roi.
10’s
Impasse, paire et manque...
« Demain », sans surprise aucune, le nouveau FIFA et le dernier opus de PES viendrons garnir vos
échoppes habituelles- le mégastore Virgin et les magasins GAME en moins. A la
fin de l’année 2013, le fooball sur consoles de jeux devrait encore se résumer
à ce match habituel: Konami - Electronic arts ; ça fait dix ans que ça dure !!
Quid des années passées ? Quels sont les jeux les plus marquants et qui ont
permis, progressivement et par touches successives, à ces mastodontes
d’atteindre leur niveau de réalisation? Quels titres inspirés du passé
pourraient revenir et tout changer ? Puisse cette rétrospective, sur quarante
ans passés, nous éclairer un peu… sur l’impression de déjà vu.