vendredi 11 avril 2014

Mickey Mania (1994) - par Fréderic Sanchez


Anecdotes de gamers

Une fois par mois (parfois deux) un joueur expérimenté (de la catégorie des passionnés les plus vifs) nous fait revivre une licence, un jeu marquant, une console... autour de ses souvenirs personnels, d'anecdotes inédites et autres petits plus qui forgent le style et la passion. Ici, Fréderic Sanchez (fondateur des éditions Rétroland -"Les jeux vidéo en France, 25 ans de news rétro") évoque un titre sorti en 1994 (sur Super Nintendo, Megadrive et Mega CD) et réadapté sous le titre Mickey's Wild Adventure sur Playstation en 1996, ressorti sur PSN pour PSP et PS3 en 2011.

 
Quand on est jeune, on est con. Qu'on le veuille ou non, c'est certainement le plus véridique des proverbes. Ainsi, après avoir revendu une magnifique Master System, je craque pour la Game Gear qui me permet non seulement de jouer à tous mes jeux via l'adaptateur Master Gear Converter, mais en plus et bien évidemment aux jeux Game Gear. Et puis vient le jour où je re-craque, ou plutôt fait craquer ma mère. J'achète un joli pack Super Nintendo avec Street Fighter 2 et un très bon Nigel Mansell (oui, F1 Pole Position 2 n'était pas encore sorti). Sauf que là, je réussis à garder ma Game Gear et ses jeux... un petit temps. Car le constat se fait vite sentir : non seulement je n'y joue plus, la Super Nintendo étant... SUPER, mais en plus mon faible argent de poche ne me permet que de baver sur les nouveautés présentées dans Joypad, et non de me les acheter. Au bout de quelques mois, je craque pour une super nouveauté : Mickey Mania.


Quelque part en région parisienne, dans une boutique de jeux vidéo sans nom comme il en existait tant :

Moi, jeune garçon crédule et innocent :

« Bonjour monsieur, voici une console Game Gear  avec 9 jeux en boîte et notices. Je voudrais m'acheter Mickey Mania sur la Super Nintendo, combien vous me reprenez le tout ? »

Le (bon) vendeur (bon) acheteur ayant repéré une proie facile :

« Ouuuuh mon pauvre garçon, ça vaut plus grand chose ce que tu m'apportes. Je t'en donne 400 frs mais faudra compléter car Mickey Mania est quand même à 550 frs. C'est un super jeu et il vient TOUT JUSTE de sortir »

Moi, jeune garçon un peu dépité :

« voici l'argent que ma maman m'a donné grâce aux nombreuses heures sup qu'elle a faites, elle n'a qu'un petit salaire pour trois enfants... ! »

Le vendeur, visiblement bon vendeur (pour faire revenir le jeune garçon crédule dans sa boutique) :

« Je te fais un bonus, je te reprends le tout 450 frs alors, mais ne le dis pas à tes copains...(clin d'oeil sournois) »

Moi, ben j'ai juste l'impression d'avoir fait une super affaire, même si la perte de ma Game Gear me laisse un goût amer. Je rentre chez moi en courant (enfin en bus) pour essayer ce jeu « super bien noté » par toute la presse spé.

Mickey Mania, c'est pour moi le summum du jeu de plates-formes « basique » sans que le terme ne sonne péjorativement. Il n'y a pas toute la richesse d'un Mario, il n'y a pas l'énergie d'un Sonic, non, il y a juste Mickey et son univers féerique ultra coloré. Sept niveaux inspirés des grands classiques de la souris, sept niveaux graphiquement sublimes et très différents. L'aventure débute d'ailleurs de façon fort originale : Mickey se trouve dans le dessin animé Steamboat Willie. Datant de 1928, ce premier niveau débute donc en noir et blanc avant de se colorer au fur et à mesure de la progression du joueur. L'idée est juste géniale, le rendu parfait. La suite n'est pas moins riche de nombreuses idées, tantôt musicales, tantôt expérimentales avec le mélange de couleurs. La progression est par contre d'une facilité déconcertante pour le joueur aguerri, tandis que les plus jeunes trouveront là un titre à la difficulté bien dosée.
 

Si l'on s'extasie rapidement sur la beauté graphique du jeu, nos oreilles n'en sont pas pour autant mises à l'écart. Là encore, tous les thèmes sont repris des divers dessins animés dont les niveaux sont inspirés, avec une orchestration magnifique. C'est bien simple, d'un point de vue purement auditif, Mickey Mania fait jeu égal avec un Donkey Kong Country. L'animation a elle aussi bénéficié d'un soin tout particulier des développeurs de Traveller's Tales (qui sont en charge depuis 2008 de la licence Lego sur consoles), a tel point que que l'on croirait réellement voir un dessin animé de Mickey ! D'ailleurs en cherchant bien, on apprend que Mickey Mania, tout comme DKC, fut réalisé en partie sur Silicon Graphics. Reste enfin le gameplay, qui, s'il bénéficie de quelques petites touches de réflexion bien venues et de scènes d'action originales (en simili 3D), reste d'un conformisme à toute épreuve. On saute, on tire, on évite et on avance, simplement, basiquement, mais toujours avec plaisir, d'autant que Mickey répond au quart de tour !


Pour ce 65ème anniversaire de la souris, le jeu arrive sur plusieurs plates-formes. Super Nintendo, Megadrive tout d'abord, Mega CD ensuite, avant d'être réédité sur la Playstation en 1996 sous le titre Mickey's Wild Adventure. Il sera par la suite présent sous format numérique dans le Playstation Store en 2011, jouable sur PSP et PS3. Son passage sur la 32 bits de Sony se fit par ailleurs avec quelques améliorations notablse, notamment aux niveaux graphique et technique avec des passages en 3D plus jolis et de beaux effets de transparence et de scrolling différentiel.


Rejouer à Mickey Mania vingt ans après me procure un double sentiment. Tout d'abord, l'effet nostalgie joue à fond : les musiques notamment me rappellent de superbes souvenirs. Mais le jeu est d'une linéarité parfois un rien ennuyeuse pour les gamers aguerris aux jeux de plates formes plus variés. D'où mon second sentiment : Mickey Mania est un jeu parfaitement adapté aux jeunes joueurs. Beau et maniable, on refait les niveaux avec un grand plaisir tant l'ambiance mise en place par les développeurs est agréable.

Bonjour et merci d'être arrivé jusqu'ici !

J'ai débuté dans le monde de l'édition en participant à l'élaboration et à l'écriture des premiers numéros du magazine Planète Japon (en 2005) avant de lancer mon propre magazine (Eiga no Mura - le village du cinéma) ayant comme thème le cinéma asiatique (en 2006).
Par la suite, j'ai écrit de nombreux ouvrages pour les Éditions Chiron (l'Encyclopédie des jeux vidéo, l'Encyclopédie du Cinéma Asiatique, l'Encyclopédie de l'animation japonaise, divers livres de quizz...) tous publiés entre 2007 et 2011, et presque tous aujourd'hui épuisés.

Récemment j'ai fondé les Editions RétroLand qui ont pour vocation de se consacrer, dans un premier temps, à deux ouvrages retraçant l'actualité des jeux vidéo en France. Le premier, "Les jeux vidéo en France, 25 ans de news rétro - vol.1 Les consoles" sortira en septembre 2014 tandis que le second, "Les jeux vidéo en France, 25 ans de news rétro - vol.2 Les micros et PC" sortira au premier semestre 2015. D'autres livres sont en préparation, Les Editions RétroLand ont pour objectif de sortir un à deux ouvrages par an.
 
Fréderic Sanchez