dimanche 9 mars 2014

LES INDISPENSABLES de la guerre Nintendo-Sega (4/8): Les Jeux Sega- La master System 1&2.

Yacine Djebili (dit "Yace") hardcore gamer de longue date, -invité régulier de l’émission SUPERPLAY (nolife), membre de l'équipe du magazine Retro game et contributeur prolifique sur shmup.com- offre aussi son concours aux projets du retrogame blog. Cette année, il revient, en une dizaine de chapitre, sur la guerre Nintendo-Sega … (lire l'épisode qui précède).

SEGA : plus qu'un challenger, un adversaire de taille !

Sega Master System & Sega Master System II

La console 8 bits de Service Games sera commercialisée en France à partir de 1987. Malgré ses capacités techniques parfois supérieures, la Master system sera globalement moins estimée que la NES de Nintendo. Ce désavantage n'est certes pas du à une logithèque négligée, mais plutôt à une communication écrasante de Nintendo qui éclipsera la diffusion de la Master System. Mais durant ces années, Sega travaillait à son nouveau support, tandis que Nintendo abreuvait encore sa 8 bits de nouveaux jeux... Une stratégie qui confirmera l'avancée technologique de Sega tout en maintenant hélas la Master System dans l'ombre de la NES.

Bien évidemment, la (pas si petite que ça !) Master System fut honorée de jeux étonnants, dont certains étaient de véritables démonstrations techniques. Qui ont assuré sa mémoire à la Master System...


Alex Kidd in Miracle World Le visage de la Master System:


Si Nintendo avait Mario, Sega a désormais sa mascotte : Alex Kidd, gentil garçonnet aux apparences simiesques assez prononcées ! Sur Master System, ce sympathique héros devra dans cet épisode parcourir le Miracle World, contrée superbe mais hostile truffée de pièges exigeants.
A l'exemple de Mario, Alex dispose de plusieurs possibilités d'attaque. Il peut donner des coups de poing et, chose originale, pourra également piloter plusieurs véhicules afin soit de franchir les zones plus rapidement, soit de manière plus efficace face aux ennemis...Il se mue ainsi en un pilote d'hélicoptère, ou bat des records de vitesse à moto...Des déplacements rapides qui présideront surement à la naissance, quelques années plus tard, d'une autre mascotte de Sega !
L'originalité de l'ensemble est parfaite par le mode de combat contre les boss, qui vous défient...au Janken Pon ou "papier, caillou, ciseaux", qui introduit un changement et donc une variété de gameplay inédite en ces temps-là. Le jeu amène également un souci de gestion travaillé avec la possibilité d'acheter des items en cours de route, autre élément participant à sa richesse.
Phases au sol, phases aquatiques, phases labyrinthiques et combats originaux, Alex Kidd frappait très fort à sa sortie sur Master System, et devint le jeu lié à la console au point même d'avoir été inséré dans la mémoire de la Master System II, une idée révolutionnaire en 1990. Désormais mascotte de Sega au point d'intervenir dans d'autres jeux comme Alex Kidd in Shinobi World, habile croisement entre Alex et l'univers d'une autre licence de Sega, Shinobi, Alex Kidd n'arrivera hélas jamais à réellement concurrencer Mario et après un passage mitigé sur Megadrive, cèdera son statut de représentant de la firme à un certain Sonic, ce qui n'est pas une raison pour oublier à quel point ses aventures sur Master System furent attrayantes et divertissantes.


R-Type Quand la Master accueille l'arcade


R-Type est de ces jeux si emblématiques qu'il a baptisé tout un genre ludique, et dont les caractéristiques de gameplay ont eu dès l'origine un impact si universel qu'on les retrouvera dans un nombre incalculable d'autres titres dont certains sont d'authentiques plagiats.
Ce titre phare de l'arcade fera en 1988 une percée remarquable sur la 8 bits de Sega. Toute la qualité du jeu originel a été subtilement transposée véritable témoignage des capacités du support et disons-le un tour de force. D'une grande fidélité au jeu d'arcade (la version 8 bits offre l'intégralité des seize niveaux, se paie le luxe d'être parfaitement lisible et dotée de contrôles optimisés) R-Type sur Master System est donc plus qu'un portage console d'un monument de l'arcade mais véritablement un accomplissement en soi.
Le jeu a été développé pour la Master System par Sega assistée de Compile, dont l'expérience dans le monde du shoot them up est aujourd'hui historique ; les concepteurs ont même gratifié cette ve rsion 8 bits d'un niveau caché exclusif qui aujourd'hui encore n'est trouvable dans aucune autre version du jeu.
Un jeu culte, qui au-delà de son statut matriciel acquis en salle d'arcade, vient faire la preuve des capacités des consoles de salon, amenuisant encore un peu la frontière entre jeu de café et jeu domestique. Et participer à la fierté des possesseurs de Master System qui pouvaient dès lors se targuer d'avoir un ténor de l'arcade directement à disposition sur leur bécane.

Sonic La mascotte définitive



Succédant au pauvre Alex Kidd victime d'un Mario toujours plus féroce, Sonic qui avait déclenché un véritable séisme sur Megadrive ne pouvait pas ne pas débarquer sur la Master System. Et le coup de génie de cette version est d'être totalement différente de son homologue sur 16 bits.
Dès le début, la vitesse inouie du hérisson bleu avait été sa signature. Comment faire pour restituer cette impression de célérité sur une console 8 bits ? Le pari semblait impossible à tenir et pourtant, le jeu vit le jour et donna à la Master System l'une de ses plus belles réussites ludiques et techniques.
Le soin porté au level design permet la parfaite jonction entre jouabilité exemplaire et vitesse de déplacement. En effet, tous les niveaux ont été redessinés pour donner un jeu exclusif, qui a pour évident mérite de tenir le joueur en haleine tant l'aspect exploration des diverses étapes a été travaillé. Pour exemple, les "émeraudes du chaos" derrières lesquelles Sonic passe le plus clair de son temps à courir sont désormais disséminées dans les parcours, et ne se débloquent plus dans des stages bonus que la 8 bits n'aurait pas pu gérer. Les qualités essentielles d'un jeu de plates formes sont donc bien présentes et on savoure ce subtil équilibrage entre courses effrénées qui sont autant de prodiges d'animation et recherche méthodique avec un intense souci de précision dans l'exécution de certaines manoeuvres, lors de phases plates-formes peut-être encore plus prononcées que sur 16 bits...
Avec ce jeu, Sonic est donc tout autant chez lui sur 8 bits que sur 16 bits et devient décidément la mascotte définitive de Sega !

Mickey Mouse in Castle of Illusion Mickey au top de sa forme



Chez Nintendo, c'était Capcom qui détenait les droits des adaptations Disney. Si les jeux Disney/Capcom étaient bien souvent de très honorable tenue, l'éditeur n'avait pas l'exclusivité des licences Disney sur console. C'est pourquoi les personnages de chez Disney ont aussi connu des aventures sur consoles Sega.
Et quand on voit le résultat avec des jeux comme Castle of Illusion sur Master System, on ne peut que s'en estimer parfaitement heureux. Jeu de plates-formes on ne peut plus classique, Castle of Illusion est pourtant un des meilleurs titres de la console. Enlevée par une sorcière, Minnie est retenue captive et devinez quoi, son chevalier servant à grandes oreilles devra la sauver en traversant un univers peuplé de créatures hostiles mais toutes plus mignonnes les unes que les autres...Graphiquement, c'est du grand art qui n'est pas sans rappeler certains cartoons de Mickey de la grande époque Disney/United Artists tels que "De l'autre coté du miroir" réalisé en 1936 par David Hand (à noter que le récent Epic Mickey rend également hommage à ce cartoon). Les divers niveaux sont tous typés et sont constitués d'autant de phases de plates formes et de lutte contre des adversaires superbes et en rapport avec les lieux visités, ce qui donne au jeu une cohérence qui con traste avec un certain aspect onirique.
Sega démontre que ses développeurs connaissent leur ouvrage et savent soigner leur public ! Castle of Illusion est devenu une véritable référence et l'un des jeux les plus reconnus mettant en scène la célèbre souris, ce qui suffit à en faire un authentique indispensable qui se joue avec toujours autant de plaisir.

Power Strike II La Master à 120%



Sous ce nom se cache en fait le second épisode de la série de shoot them up Aleste, démarrée sur Master System et MSX en 1988. Ce deuxième volet, exclusif à la Master System, sortit en 1993 en Europe et aux Etats-Unis. Curieusement il ne sera pas distribué au Japon.
Compile qui s'était déjà fort distinguée avec le Super Aleste sorti l'année précédente sur Super Nintendo frappe à nouveau très fort avec ce shoot them up qui pousse réellement la console dans ses ultimes retranchements. Beauté graphique, jouabilité exceptionnelle, sprites détaillés et boss gigantesques...Mais la principale qualité de ce titre étonnant réside en la tenue indicible de son animation. La modeste 8 bits rivalise ici avec bien des shoot them up 16 bits et se hisse sans problème au niveau de la console alors réputée pour ses jeux du genre, à savoir la NEC PC-Engine !
Le hardware gère parfaitement des décors subtilement détaillés, un nombre impressionnant de sprites à l'écran et des myriades de projectiles. Les niveaux de difficulté les plus avancés sont réellement hallucinants tant les écrans sont chargés, et ce sans que notre petite Master System ne montre le moindre signe d'essoufflement.
Programmé de main de maitre par une entreprise qui a donné ses lettres de noblesse au shoot them up console, Power Strike II est l'un des tours de force les plus remarquables de la 8 bits de Sega. Comme Recca sur NES, Power Strike II, distribué de façon relativement confidentielle, obtiendra justice grâce à l'Internet, soulignons cependant que sa rareté en fait un titre recherché et assez coté...

Shinobi L'arcade à nouveau sur Master System



Parmi les plus grandes réalisations arcade de Sega, figurait un jeu d'action plates formes promis à devenir emblématique : Shinobi. Archétype d'un gameplay ancré dans son époque avec une certaine rigidité qui participe à la difficulté du jeu, Shinobi a su séduire par son rythme et son ingénieuse courbe de difficulté.
Le jeu arrive sur Master System en 1988 et a bénéficié d'un soin tout particulier, Sega ne pouvant pas négliger la version domestique de leur hit d'arcade ! Et en dépit des limitations de la console qui a logiquement entrainé quelques sacrifices comme la fin du mode deux joueurs et l'absence de la "magie spéciale", l'esprit de Shinobi n'a rien perdu de sa superbe sur Master System. Le jeu est toujours aussi pointu et la réalisation est simplement incroyable. Sprites de taille honorable pour un jeu lisible, incisif et nerveux, Shinobi est à lui seul une référence du jeu de ninjas et un témoignage encore plus flagrant du talent de Sega à convertir des jeux d'arcade sur conso le de salon. Un jeu culte, qui inspirera le cross-over Alex Kidd in Shinobi World.

Ninja Gaiden Sega retraite Tecmo



Série notoire de Tecmo, Ninja Gaiden doit sa célébrité à la qualité de ses portages console, tout à fait différent du jeu d'arcade originel. Et même si aujourd'hui, les derniers titres de la licence tendent à se rapprocher de ce qu'était le premier Ninja Gaiden en arcade et de son style très "beat'em all", les versions NES et Master System sont en fait des jeux de plates formes, dont le niveau de réalisation technique n'a d'égal qu'une difficulté r éellement poussée.
Cette version Master System diffère notablement des versions NES développées par Tecmo : ici, Sega a repris les droits de la licence pour développer un Ninja Gaiden exclusif et disons-le, extrêmement abouti. Le principe de l'aventure scénarisée est maintenu avec des écrans narratifs de toute beauté entre les niveaux, niveaux souvent ingénieusement construits et mettant les réflexes et la patience à rude épreuve ! Le ninja dispose d'armes secondaires limitées à user avec prudence et une connaissance pointue des lieux sera plus que jamais nécessaire...En outre la maniabilité exemplaire parfaitement adaptée au level design en font un plaisir ludique à l'état pur.
Cet opus de Ninja Gaiden s'inspire ostensiblement d'une autre licence de jeu "de ninjas" dont on reparlera : Shinobi ! D'ailleurs, Sega ne se priva pas de truffer le premier niveau de "son" Ninja Gaiden de petites clins d'oeil et même de publicité à peine voilée...
Bien que la version NES soit encore à présent la plus célèbre, la déclinaison de NInja Gaiden sur Master System est un chef d'oeuvre qui retient le meilleur du gameplay recherché de la série ainsi que la crème d'une action trépidante déjà éprouvée dans Shinobi, pour donner au final LE jeu d'action plates formes de la Master System. Il serait cependant injuste de terminer sans mentionner une longueur de jeu et un niveau de difficulté qui semblent réserver ce Ninja Gaiden à des joueurs déjà aguerris...

Master of Darkness From Hell



Konami n'avait pas encore développé pour Sega en cette époque. Créatrice de séries cultes, l'éditeur ne fera son entrée chez Sega que quelque temps plus tard, cependant ses grandes sagas ont inspiré d'autres créatifs...Ainsi sortit en 1992 Master of Darkness sur Master System, clone avéré de la grande série Castlevania qui connaissait alors une période de gloire avec les opus Super Nintendo et PCE CD.
Ici, Londres de l'époque victorienne a remplacé la Transylvanie , et le joueur n'incarne plus un noble chasseur de vampires, mais un obscur docteur détective chargé d'élucider le mystère de plusieurs meurtres sanguinaires, un peu à la façon du héros d'Alone in the Dark, bien que la comparaison entre ces titres s'arrête là.
La construction des niveaux est très similaire à celle en vogue dans les Castlevania de l'époque, de même que certains ennemis comme les meubles mobiles semblent directement tirés de Super Castlevania IV.
Master of Darkness réussit pleinement à immiscer le joueur dans l'ambiance sombre, froide et gothique du Londres de Jack l'Eventreur, et offre une dimension stratégique suivant les routes empruntées et les armes dont dispose le héros.
Le jeu reçut à sa sortie un accueil plutôt mitigé, souffrant à l'évidence de son évidente inspiration de la série de Konami dont la réalisation globale était nettement supérieure ; mais Master of Darkness a pour évident mérite d'avoir offert aux joueurs une aventure épique et sombre et constitue aujourd'hui un excellent exemple de jeu dont l'intérêt est révélé par la postérité.

Spellcaster Double jeu



Ce titre de Sega, sorti en 1989, vient rallonger la liste de jeu alliant savamment jeu d'action et jeu d'aventure. Le héros Kane devra sauver ses contrées de l'emprise délétère d'entités maléfiques et pour ce faire, devra franchir des zones de combat résolument axées arcade, alternant avec des phases plus classiques proches de celles d'un jeu de rôle. Cette combinaison de deux styles bien distincts n'est pas une première, on la trouvait déjà dans Zelda II The Adventure of Link en 1988 et on la retrouvera en 1990 dans Gargoyle's Quest sur GB. L'intérêt de ces "jeux doubles" se mesure à la qualité de l'alliance entre les deux gameplay. Dans le cas de Spellcaster, l'équation fonctionne plutôt bien.
Les phases d'action sont assez retorses, faute à une maniabilité parfois rigide et un intense souci de précision dans l'exécution des manoeuvres. Quant aux phases "aventure", elles réclameront au joueur une reflexion parfois poussée : il est nécessaire de bien connaitre les sorts à utiliser ce qui n'est évidemment pas le cas quand on se frotte au jeu pour la ou les premières fois...
On s'attache malgré tout à la quête de notre vaillant héros et on se prend à progresser en dépit de l'aspect parfois un peu austère et redondant de certaines des phases de jeu. Et finalement on se retrouve immiscé sans même l'avoir vu venir ! Et si tel était l'effet de ce grand jeu hélas trop oublié aujourd'hui ?

The Newzealand Story Plates formes arcade sur console



Les jeux de plateforme sont un genre finalement plus représenté qu'il n'y parait dans le monde de l'arcade. Bien que ne pouvant rivaliser avec les ténors du genre sur console, la plateforme arcade a tout de même donné au monde du jeu vidéo parmi ses plus belles réussites en matière de gameplay et d'univers enfantins, le tout bien souvent au service d'une difficulté élevée. Le paradoxe issu de cet aspect mignon conjugué à l'âpreté de ces titres aidant, ces jeux de café n'ont pas tardé à devenir de vraies sources d'inspiration et de challenge pour nombre de joueurs. Taito s'est fait une spécialité de ce genre avec des jeux aussi connus que Liquid Kids, Rainbow Islands et ses suites, ou encore le présent Newzealand Story.
Ces jeux et leurs héros sympathiques ont rencontré un succès mérité, et la conversion Master System de Newzealand Story est une excellente illustration d'un portage qui n'a rien perdu à son arrivée sur 8 bits. Le gentil petit Kiwi doit secourir ses congénères enlevés par le phoque Walrus, et pour mener à bien sa mission de sauvetage, devra franchir plusieurs tableaux abrupts truffés de pièges mortels et de saut millimétrés. C'est une caractéristique de ce type de jeu de plates formes qui mise plus sur la précision de vos mouvements que sur le côté "démesuré" de la construction des levels des jeux de plates formes développés pour console. Rien de comparable donc avec un Sonic, mais un aspect "action" bien plus développé avec des ennemis très présents et souvent judicieusement positionnés pour un jeu assez ardu dont seul un apprentissage carré vous permettra de voir la sortie ! Sans oublier de très bonnes idées comme les plates formes contrôlables pour franchir de vicieux corridors sous le feu adverse...
Comme son homologue Rainbow Islands, The Newzealand Story est superbement porté sur Master System et fut le digne représentant de la plate-forme issue de l'arcade sur Master System. Un titre long et exigeant à la réalisation fort honorable, servi par un héros attachant et qui donnera des heures de plaisir, avec en prime quelques sueurs froides.


Lire le chapitre précèdent => les jeux nes !

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