vendredi 8 novembre 2013

LES INDISPENSABLES de la guerre Nintendo-Sega (2/8): Les Jeux NES.


Yacine Djebili (dit "Yace") hardcore gamer de longue date, -invité régulier de l’émission SUPERPLAY (nolife), membre de l'équipe du magazine Retro game et contributeur prolifique sur shmup.com- offre aussi son concours aux projets du retrogame blog. Cette année, il revient, en une dizaine de chapitre, sur la guerre Nintendo-Sega … 
 
NINTENDO : l'empire imprenable.


La FAMICOM / NINTENDO ENTERTAINMENT SYSTEM (NES) -Première partie.

Si une console peut résolument prétendre au titre de "reine de la démocratisation" du jeu vidéo, ce serait indiscutablement la 8 bits de Nintendo. Support chéri de toute une génération de gamers, et ce même avec le recul qui aura mis en exergue les évidentes limites de la machine, la NES bénéficie d'un catalogue de jeux particulièrement étendu, allant de titres absolument légendaires à d'autres bien moins bons...


L'implantation de la Famicom était cependant déjà fort acquise quand la Sega Mark III vint en découdre, d'où une notoriété supérieure du support de Nintendo, notoriété qui donnait à la 8 bits de Mario une emprise indéniable sur la notion même de jeu vidéo domestique, à tel point que Nintendo continuera d'alimenter en titres sa 8 bits alors même que le concurrent était passé à la génération des 16 bits avec sa Megadrive.


Super Mario Bros: La définition d'un genre par Nintendo.

Il est assez difficile pour ne pas dire carrément impossible de dire réellement pourquoi Super Mario Bros est une date capitale dans l'histoire de Nintendo et même au delà du jeu vidéo tout entier. De ce petit personnage -autrefois charpentier et répondant au nom très évocateur de Jumpman- émane une aura indicible qui encore aujourd'hui n'a rien perdu de sa puissance, et fait amusant, tant sur les joueurs que sur les spectateurs passifs du phénomène jeu vidéo tant il est devenu une icône culturelle, tel Mickey Mouse qu'il a d'ailleurs largement supplanté en notoriété.


Mais avant d'être le touche à tout qu'il est désormais devenu, Mario a été le héros inventeur d'une nouvelle philosophie du jeu vidéo, qui peut se résumer paradoxalement d'une façon très concise : éviter les ennemis et les trous...en sautant. Ce qui devint le "jeu de plates-formes" par la suite était déjà en germination sur les échafaudages et autres tableaux de Donkey Kong, et connaitra une évolution majeure en 1985 sur Famicom avec le jeu qui sépara Mario de son acolyte primate..

Maintenant, Mario a un univers rien qu'à lui et beaucoup plus vaste que les tableaux figés de sa lutte contre le gorille Donkey, lesquels présentaient déjà en leur temps de grandes subtilités qui donnèrent naissance à un genre nouveau et dont la popularité ne s'est guère démentie. Huit mondes composés chacun de quatre étapes constitueront le périple de Mario. Ces 32 niveaux ont, grâce à l'incroyable talent de Shigeru Miyamoto, introduit la notion même d'équilibrage ludique fait de contrôles exemplaires, de variété d'ennemis et d'une légendaire progressivité de la difficulté qui motive et tient en haleine le joueur investi dans la partie.


La grande nouveauté de Super Mario Bros réside dans le calibrage des sauts. Outre le classique saut vertical, Mario dispose d'un bond avant conséquent et, suprême avancée, peut accomplir des bonds qui rendraient jaloux Bob Beamon lui-même grâce à l'élan qu'il prend. Le level design tire profit à merveille de ces capacités de saut en suivant une construction correspondant aux mouvements réalisables par le héros, de même qu'il introduit tout un univers propre au plombier italien, fait d'ennemis qui deviendront récurrent et donc d'un gameplay si efficace qu'il sera repris dans la suite des aventures de la mascotte de Nintendo...Et même ailleurs. Les volets ultérieurs de cette saga majeure du jeu vidéo se paieront même le luxe d'améliorer toujours et d'étoffer encore le maniement de Mario, jusqu'à l'amener vers des sommets et le statut de référence ultime du genre tout entier.

Super Mario Bros est donc une véritable perle historique dont la postérité sera incalculable et ce sur le jeu vidéo dans son ensemble. Jouer à Super Mario, en plus d'être une expérience plus que plaisante, est un hommage authentique à l'inventivité du jeu vidéo ; maitriser Super Mario Bros, c'est se préparer à régner sur un genre complet.


Punch-Out Simulation ou jeu de précision ?

C'est sous ce titre que le jeu fut réédité sur la Nintendo européenne en 1990, reprenant ainsi l'intitulé du jeu d'arcade de 1984. Mais la version la plus célèbre avait pour titre complet Mike Tyson's Punch Out, sorti en 1987 à une époque où les démêlés judiciaires de l'ancien champion du monde n'avaient encore défrayé la chronique et poussé Nintendo à désormais refuser d'associer le nom du boxeur à son jeu.

Au delà d'un simple jeu de boxe, Super Punch-Out est avant tout un jeu de rythme. Ici, point question de combinaisons alambiquées pour porter vos coups. Mais au contraire, une intense observation des rythmes et attaques adverses sera indispensable afin de faire gravir à votre héros les marches qui le séparent du titre de champion.

Votre héros, c'est Little Mac, boxeur ou plutôt demi-portion, gringalet ! Mais attention, demi-portion ou gringalet ne signifient pas forcément petite frappe ! A vous donc de devoir étaler toute une succession d'opposants hauts en couleur et folkloriques qui pourraient donner des leçons de cabotinage aux catcheurs de la WWE : chacun d'entre eux a un schéma établi de forces et de faiblesses qu'il faudra pénétrer et ainsi décrypter...jusqu'au terrifiant affrontement final contre Mike Tyson lui-même. Affrontement d'une difficulté plutôt élevée...


Avec Punch-Out, Nintendo nous a offert une jeu original dans son univers et son concept, cette suite de combats qui casse allègrement les schéma du jeu vidéo comme une suite de niveaux gardés d'un boss. Ici, tout n'est que boss, et la notion d'apprentissage poussé fait de Punch-Out un jeu particulièrement technique. Et pour clairement identifier ce titre innovant au savoir-faire de Nintendo, hé bien quoi de mieux que de mettre Mario en arbitre ?


Summer Carnival 92 : Recca.

Un tour de force méconnu.

Genre premier du jeu vidéo, le shoot them up connut au Japon un engouement tel qu'un éditeur, Naxat Soft, eut l'idée d'organiser un concours annuel sur un jeu du genre, les "Summer Carnival". La teneur de ces concours est fort simple : tenter de résister le plus possible et de faire les meilleurs scores sur un shoot them up à la difficulté souvent assez insensée. En cette année 1992, le tournoi Summer Carnival se déroule sur jeu développé sur Famicom et intitulé : Recca.


Le jeu ne doit son manque de célébrité qu'à sa distribution relativement confidentielle, et pourtant, nous sommes là en présence d'un titre au demeurant irréel au vu des modestes capacités de la Famicom.Car Recca a été étudié pour être un shoot them up absolument frénétique, et qui devait tourner sur une console 8 bits...Pari tenu ! Avec une déferlante de projectiles digne des plus grands shoot them up arcade et une vitesse générale incroyable, Recca est vraisemblablement une révélation sur Famicom. Nul ne pouvait croire une telle prouesse technique simplement envisageable sur une console si modeste.


Le jeu se permet le luxe d'offrir un mode de jeu caché qui dépasse tout ce qui était raisonnablement imaginable sur ce support avec un nombre affiché de sprites à l'écran totalement inconcevable. D'où un jeu fabuleu x qui aujourd'hui encore demeure une énigme pour nombre de joueurs, mais dont le renom s'en va grandissant grâce à l'Internet.

Vingt ans après, Recca regagne une nouvelle jeunesse et saura séduire les joueurs de shoot them up les plus exigeants, qui parions-le oublieront qu'ils ne jouent "que" sur une console 8 bits...avant de trouver un challenge à leur mesure car le jeu est en effet d'une difficulté redoutable...Après tout, n'était-il originellement pas destiné à éprouver les spécialistes du genre lors d'une compétition officielle ?


Metroid Définition primale de l'immersion.

Super Mario Bros avait lancé le concept de l'exploration successive de niveaux. Metroid, autre bébé made in Nintendo, porte cette activité de découverte par le parcours vers des sommets inégalés pour l'époque. L'héroine, Samus Aran, doit en effet fouiller l'intégralité de ce gigantesque théâtre pour finir par se mesurer au démoniaque Mother Brain et ainsi découvrir le fin mot de l'histoire dans les complexes mystérieux de la très puissante organisation des Pirates de l'espace, qui détiennent l'arme ultime, obscure forme de vie parasite, les Metroid...

 
Le but premier de ce jeu est d'entrainer le joueur vers les tréfonds la Galaxie et de jouer constamment sur les réactions nerveuses de celui qui s'y adonne, et l'entreprise s'avère rondement menée. Metroid est un jeu passionnant, la pierre initiale voire angulaire de tout un genre qui connaitra de notables développements avec deux suites qur Game Boy et Super Nintendo, et inspirera notamment une série culte de l'univers des micros, Turrican. Le caractère addictif de cette mission d'infiltration est manifeste dès l'origine, Metroid reprenant les codes de grandes oeuvres du cinéma comme Alien et Blade Runner, sans oublier une grande première avec non pas un héros, mais bel et bien une héroine dont le rapport aux formes de vies qu'elle rencontre deviendra de plus en plus ambigu au fur et à mesure du déroulement de celle-ci, un peu comme celui de Ripley avec les aliens au cours des quatre volets de la saga...


Encore un jeu très simple d'apparence, mais aux valeurs ludique et historique incontestables, qui est devenu un véritable classique au point d'être souvent cité comme l'une des références de la NES. Développé par Gunpei Yokoi et son équipe, Metroid est aujourd'hui devenu un jeu culte, premier d'une série iconique de Nintendo.


The Legend of Zelda L'aventure transcende les supports.

C'est avec des jeux comme ce Legend of Zelda que les joueurs ont eu la preuve flagrante que l'étendue d'une aventure est tout sauf proportionnelle à la capacité d'une console ! Avec son processeur 8 bits, la NES fait tourner une des épopées ludiques les plus marquantes de l'histoire, marquante au point d'avoir enfanté tout un monument de l'histoire du jeu vidéo, comme l'avait fait Mario sur la même machine.

Un genre ludique nouveau prend avec ce Zelda ses premières marques. désormais, il ne s'agit plus d'accomplir un nombre défini ou calculé d'actions à l'écran afin d'achever tel ou tel moment du jeu. Mais bien de s'identifier totalement à son héros, Link, et de gérer son équipement comme si le joueur était lui-même investi dans la quête de Link et comme si le monde d'Hyrule s'était le temps de la partie totalement substitué à celui du joueur.
Un principe de "jeu dont vous êtes le héros" qui dès son premier volet sur NES -une bécane qui aura vu naitre bien des séries- a su poser les bases du jeu d'aventure fait d'exploration, de stratégie et de combat, le tout au son d'un thème devenu reconnaissable entre mille.


Avec ses heures de jeu, son bestiaire important, et surtout cette singulière emprise sur le mental et l'affect du joueur, The Legend of Zelda est à n'en point douter un jeu majeur de la console dont la portée s'étend jusqu'à aujourd'hui et même plus loin encore, tant la série "Zelda" est devenu un emblème de Nintendo, nécessairement présent sur chacune des machines ultérieures du constructeur.
Lire le chapitre qui précède / Lire le chapitre suivant.

2 commentaires:

  1. Je crois qu’on a été tous bercés par des jeux vidéo comme Super Mario. Par ailleurs, j’ai cru voir qu’il y avait un film sur lui. Est-ce que tu l’as regardé ?

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  2. Land of Illusion sur Game Gear.... quel jeu extra, un souvenir imperissable, un soft incroyable.العاب ماريو

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