vendredi 20 avril 2012

S comme Super Shinobi II (Megadrive) par Arthur "MaSQuE" Meurant.

Arthur MasSQue Meurant c'est Arthur MaSQue qui en parle le mieux ! Donc, déjà, oubliez ces quelques lignes et allez voir son site ! Vous êtes de retour? Vous connaissez ses vidéos ? Apprenez désormais qu'il officie, de temps à autre et à l'écrit; hélas, rarement ! Pour sa sixième participation au Retrogame blog  et une première contribution à "L'abécédaire du meilleur du jeu vidéo" il a choisi un titre qui tranche: Un shinobi (sur Megadrive).  

Super Shinobi II: deux fois plus super que d'autres marques de shinobis.
Développé par SEGA AM7, la fameuse Team Shinobi.
Musiques de: Masayuki Nagao, Hirofumi Murasaki et Morichiko Akiyama.
Un jeu dirigé par Tomoyuki Ito et Takeshi Matsuhashi.
Un jeu édité par SEGA sur MegaDrive en 1993.
Certaines personnes passent la majorité de leur vie à sortir sans vergogne des platitudes du style: « c'est dans les vieux pots qu'on fait les meilleures soupes. » Et cela, sans jamais préciser le détail salvateur rendant toute l'aventure possible; le fait qu'ils ont aussi besoin d'être parfois récurés sans quoi ceux-ci deviendraient à termes de vrais bouillons de culture. Cette métaphore tortueuse et d'une efficacité toute relative est censée introduire un article sur Super Shinobi II. Pourquoi? Simple: car c'est un jeu qui en s'appuyant sur les bases de la vénérable série de SEGA arrive à décrasser son moule avant d'y saupoudrer quelques épices exotiques rendant la recette familière encore plus délectable.


Return of the Ninja Master.

Parmi les précisions d'usage nécessaires à comprendre ce titre, il faut mentionner ses diverses appellations. Au Japon, le passage de la série Shinobi sur MegaDrive a entraîné l'apparition d'un préfixe devant leurs titres. Super, pour être plus précis. Le préfixe.
C'est pourquoi les aventures du ninja Joe Musashi que l'on a pu voir par chez nous sous les titres « The Revenge of Shinobi » et « Return of the Ninja Master » sortirent au Japon dans des boites sur lesquelles le chaland pouvait lire respectivement « Super Shinobi » et « Super Shinobi II ». Tchac, vous voici érudits. Partiellement. Sur ce sujet en particulier. N'allez pas pour autant vous présenter à QP1C.



À la base, la série Shinobi peut se résumer ainsi: c'est Rolling Thunder avec un ninja pour protagoniste. Comme dans l'original de Namco, l'on peut se déplacer sur deux plans de hauteur différentes afin de se protéger des projectiles balancés par l'ennemi. De même, le but du jeu est de sauver des pauvres gens martyrisés par des méchants pas gentils du tout. Autre incroyable coïncidence qui réunit ces deux titres pourtant censément disparates: leurs héros se déplacent de la manière rigide et robotique de celui qui cherche à faire passer la douane en douce à une douzaine d'oursins dissimulés dans une quelconque de ses cavités. Coïncidence? Je ne crois pas: les deux jeux sont sortis à peine un an d'intervalle. Ce genre de détails basés sur des fruits de mer ne sauraient s'immiscer d'un titre à l'autre sans que ce soit délibéré.
Mais tout ça, c'était à l'époque. Car le jeu dont je compte bien finir par vous parler en cette froide matinée d'Août 1972 n'a presque que le nom en commun avec ses lointains ancêtres issus des antiques salles d'arcade.


Et c'est une bonne chose.

Quand on vous dit de but en blanc: « c'est une suite à l'une des plus grandes séries de l'histoire du média vidéoludique, mec, mais c'est pas du tout le même jeu ». C'est là que vous êtes censés paniquer. Réaction normale au changement, en somme. Mais dans ce cas-ci, avec ou sans cassis, vous devriez saisir à pleine main la perche métaphorique qui vous est proposée.
Super Shinobi II est vu par bien des Retrogamers comme le titre le plus original de la série. Vif, furieux, ses parcours à la précision millimétrique forcent le joueur moyen à exceller chaque seconde afin de seulement espérer survivre au niveau en cours. Tout au long de sept stages, on vous rend la vie dure. Lancé par le devoir sur le chemin de la guerre, vous incarnez Joe Musashi dernier descendant de la tradition shinobi Oboro. Votre mission sacrée vous poussera toujours plus à droite de l'écran dans un combat acharné contre une organisation criminelle nommée le Neo-Zeed qui a juré de détruire votre lignée. Armé d'une bonne dose de désespoir, d'une once de magie et de quelques kilos d'acier traditionnel nippon; c'est grâce au fil de vos ustensiles mystiques que vous ferez couler le liquide carmin pour assurer au futur des lendemains radieux.


A milles lieues du style statique de Shadow Dancer et des premiers opus de la série, cette seconde tentative sur MegaDrive propose de faire fi du passé. De définir une nouvelle formule rapide propulsée par un super pouvoir ninja jusqu'ici passé inaperçu dans la saga: la course. Être cloué au sol, forcé à avancer méthodiquement les niveaux pixel par pixel; c'est fini. Vous êtes désormais un tourbillon élémentaire capable de trancher en pleine course, une force de la nature aux shurikens enflammés que rien ne saurait arrêter. En somme, un shinobi.


 
L'apogée de la MegaDrive.

Les mots me manquent pour décrire en détail le plaisir que l'on éprouve en jouant au Ninja en compagnie de Joe. C'est une expérience éprouvante mais extatique dont chaque instant exige un mélange de discipline et de talent dont peu sont capables. Vous devrez faire preuve de sang-froid et de virtuosité pour utiliser aux mieux vos ressources. Porté par la musique magistrale de ce titre; tout finira par faire sens. Même le gigantisme surprenant des divers bosses. Dans les recoins des niveaux, vous trouverez peut-être l'une ou l'autre vie salvatrice. Et petit à petit, vous apprendrez à utiliser vos pouvoirs magiques de manière judicieuse. Vous saurez quand vous nimber d'électricité pour protéger votre frêle carcasse. Dans vos tripes, vous sentirez le moment propice à invoquer un gigantesque dragon de feu dans la gueule de votre ennemi difforme. Petit à petit, vos yeux apprendront à jauger les distances et dans une danse de la mort vous imprimerez à vif la forme de votre sabre dans la mémoire des sprites ennemis.

Et alors, tu seras un Shinobi; mon fils.

(Cet article vous est proposé par Arthur "MaSQuE" Meurant de http://Push-Start.be)

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