jeudi 15 octobre 2015

GUNBIRD -Cash Converter- SPECIAL EDITION


Puté ! Comme on dit dans le sud. Mais qu’est-ce que j’ai bien pu faire pour me retrouver là ? Le lieu impose une température de 15° supérieure aux normales saisonnières et l’air est saturé. Il n’y a aucune fenêtre. Quant à l’unique source d’air frais, une baie vitrée entrebâillée juste à l’entrée du magasin, elle est bien loin désormais.

Faucheman depuis peu – « broke as fuck » (comme dirait Eminem à tous les any men)- j’ai du temps libre … en me promenant par hasard, j’ai remarqué l’enseigne. Maintenant je presse le pas, foulant ce linoleum collant et élimé, évitant, çà et là, tous les regards suspects, vindicatifs, des quelques rares clients qui trainent ici. Avide, aux aguets et à l’affut du moindre bibelot émergeant du fatras ; pareil aux dingues qui m’entourent. Je suis en sueur mais approche enfin du but: la toute dernière pièce de ce temple délaissé du culturel à pas cher ; introduite par une enseigne aguichante et lumineuse autant que persuasive: « Jeux Vidéo/ Retrogaming » est mentionné dessus.

A quoi m’attendre ceci dit ? Ce n’est qu’un vaste bordel, que j’ai traversé jusque-là. Equipements sportifs usagés (aux marques de sueurs encore visibles), instruments de musiques (n’ayant jamais connus la gloire), livres énormes (de par leur taille), succès inconnus (de chanteurs oubliés) et autres yaourtières ou imprimantes massives à faire pâlir Laurent Cabrol… du rien, partout.

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Seuls les fous, les fans de Johnny Hallyday, les personnes recherchées pour meurtres ou pour haute trahison peuvent trouver ici leur bonheur pensais-je à ce moment précis- et d’ajouter que vous ne savez pas à quoi vous échappez vous autres, cafés en mains, dans vos bureaux climatisés, à brasser des millions. Arrivé dans la pièce si convoitée (seulement par moi, en fait), la thématique vendue par le néon est bien conforme à mes attentes. L’endroit, quasi désert, trente mètres carrés qui en font dix, est habillé d’un papier- peint crasseux et déchiré faisant écho à la moquette, sonore, comme un biscuit que l’on écrase tout aussi ragoutante. Toutefois, l’ensemble est parsemé de bacs garnis et d’étagères, aux éclats familiers.

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Mal classées, affublés de boitiers dans des états divers : des jeux vidéo de différentes générations. Massés là, dans des caisses à fourre-tout, entre quelques films d’horreurs aux titres inconnus (seuls leurs illustrations, extraites de vieux télé K7 nous font comprendre qu’il s’agit de bandes enregistrées), livrés aux chalands et aux dénicheurs les plus concentrés -quelques fruits tombés à leur côté, en provenance de l’étagère du dessus, au contenu explicite et titres évocateurs, d’en rajouter un peu. Je m’approche d’une des caisses. A l’intérieur : des titres Nes, des Cds (Playstation), des dvds (PlayStation 2), une vidéo Supervixen, quelques téléphones en provenance de Mars, un guide du bricolage pour les nuls et à nouveaux quelques cartouches…

L’un de ces jeux pourrait-il sauvez le monde ? Ce monde où règne l’argent, le pouvoir, la nouveauté, l’odeur du neuf et du tout dernier cri… Aie ! C’est rien, juste mon dos. Les contorsions… Me détendre un peu me suffirait bien à défaut. Après quelques brasses effectuées à l’aveugle -et loin des profiteurs qui font du gras du rétro-chic, gangrénant peu à peu mon budget, maltraitant ma passion- j’y pioche bientôt ma récompense : GUNBIRD Spécial Edition ! Et c’est donc ici, dans cet espace confiné, improbable, et aux murs décrépits -que je viens outrageusement de caricaturer, dissimulant un style à l’écrit on ne peut plus besogneux- et « sans un sou » que je fais ma dernière acquisition. Je règle les 3 euros réclamés par l’hôtesse d’accueil (la vendeuse quoi ^^) et rentre vite fait, sourire aux lèvres.

GUNBIRD : Quésako ?

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GUNBIRD est un shoot them up à scrolling vertical (jouable à 1 ou 2 joueurs) sorti en salles au mois de septembre 1994 et presque 10 ans plus tard, en 2005, sur PS2. C’est le second jeu d’une toute jeune société : Psikyo, née en juillet 1992, suite à un différend entre Vidéo System et Shin Nakamura ; son fondateur -le créateur du célébrissime Sonic wings (Aero fighters, de 1992) et de Rabio lepus (son premier titre à voir le jour, en 1987). Vidéo system avait pour ferme intention de porter ses prochains titres sur NEO GEO (à commencer par Sonic wings 2 /Aerofighters 2) ce qui impliquait, d’en abaisser la résolution. Shin Nakamura n’acceptera pas ce compromis (très relatif pourtant). Il préfère donc claquer la porte et fonde Psikyo. Une entreprise aujourd’hui culte et avec laquelle Monsieur Nakamura finira d’ailleurs par éclipser son ancien employeur. Dans la chronologie des shoots made in Psikyo GUNBIRD s’intercale entre Samurai aces (Sengoku Ace) et Striker 1945, qui lui emboite le pas. Le décor est planté.

C’est un titre à la fois singulier et qui reprend, dans les grandes lignes, tout ce qui a fait la force des titres cités à l’instant (et notamment, en terme de Game design et d’histoires à plusieurs fins: Aerofighters et Sengoku Ace.). Nous avons là: des graphismes soignés, une animation sans failles, des explosions superbes, le tout dans des décors variés et colorés (et tout en profondeurs). Le challenge a relever est VRAIMENT modulable, et donc pensé pour tous, la difficulté oscille entre les niveaux : « Bébé », « enfant » ou « très facile » (dénominés comme tels !) et jusqu’au traditionnel niveau « normal » (sous entendu très dur) et au-delà … là, bon courage ! Enfin, et SURTOUT, un scénario simple mais très abouti (et qui va varier en fonction du personnage choisi parmi les cinq disponibles dès le départ) vient ajouter un attachement naturel aux sympathiques protagonistes et une re-jouabilité très agréable au jeu.

LES VOEUX DES PERSONNAGES DE GUNBIRD

Des personnages aussi sympathiques que comiques aux caractéristiques fortes, aux motivations drôles et bien pensées qui enrichissent le scénario et que l’on doit au magaka Masato Natsumoto. Il est à noter, d’ailleurs, qu’à l’inverse de ce qui se pratique habituellement, l’adaptation en manga de GUNBIRD sera réalisée après que les illustrations et le character design soient faits pour le jeu. Le bestiaire ennemi, enfin, les éléments du décor qui explosent – délivrant, au passage des bombes bonus et « power up » qui sont autant de d’occasions d’augmenter sa puissance de tir et ainsi décupler le foisonnement de projectiles déjà présent à l’écran (ou au contraire la diminuer, si on heurte un obstacle) – mais aussi les boss, d’une variété fort plaisante (qui vont du vaisseau lambda à la tête de mort géante) s’étant, quant à eux, déjà chargé de vous fidéliser.

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Voilà une quête commune-consistant à trouver un miroir magique porteur de votre vœu le plus cher- et qui s’étale sur huit niveaux ! Des vœux qui sont, bien entendu, différents d’un personnage à l’autre, donnant autant de fins variables. Voilà qui ne peut se refuser ! Gunbird Spécial Edition contient, en prime, un autre jeu : Gunbird 2 ! A titre de comparaison (C’est le cas de le dire !) pour jouer à Samourai Ace et à sa suite (présentes dans Psikyo Shooting Collection Vol. 2: Sengoku Ace & Sengoku Blade) il vous en coutera entre 15 et 20 euros sans les frais de port (voir d’import !). Quand rejouer au premier Aero fighter vous en coutera le double.

Cerise sur le gâteau (c’est une image hein, n’allez pas croquer dans un boitier PS2 !) le titre est en pal, et offre donc l’avantage d’une notice traduite et sans inconvénients puisque les modes 50 et 60 hertz sont tous les deux sélectionnables ! La résolution du jeu, sa rapidité, ses musiques, son rythme seront donc fidèles à la qualité de retranscription souhaitée par leurs auteurs. Voilà qui pourrait donner envie de faire un petit tour dans un cash converter à la fraiche de temps à autre… même si les prix commencent, par là aussi, à augmenter.

VinZ

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