vendredi 30 mai 2014

F-Zero, par Christopher Billaud


Anecdotes de gamers

Une fois par mois (parfois deux) un joueur expérimenté (de la catégorie des passionnés les plus vifs ) nous fait revivre une licence, un jeu marquant, une console... autour de ses souvenirs personnels, d'anecdotes inédites et autres petits plus qui forgent le style et la passion. Ici, c'est le rédac-chef de Culture games (un site qu'il est bien!) de nous parler de F-zero...

- Tu veux quoi pour ton anniversaire mon gamin ?

- F-Zero !

- Hein ? Ah ! Encore un de tes trucs de jeux sur ta “Nitendo” là ?

- Oui Mémère !

- Et bah viens mon gamin, on va t’acheter ça !

Ma grand-mère maternelle Geneviève, plus connue sous le pseudo de Mémère, m’a offert F-Zero sur Super Nintendo pour mes 9 ans, aux environs du 11 mars 1994. Et oui, ma grand-mère m’a offert le jeu vidéo le plus rapide du monde. Tu peux pas test...


F-Zero, la démo technique de la Super Nintendo

Tout d’abord, présentons rapidement F-Zero pour le mec du fond, là-bas.

En octobre 1988, SEGA dégaine la Mega Drive avec l’objectif de plomber Nintendo sur le marché des jeux vidéo. La console est puissante, rapide, et affiche des couleurs dignes d’une borne d’arcade. Nintendo doit donc répliquer avec une machine à la hauteur. Plutôt que de se battre sur les couleurs ou la puissance, le géant nippon va mettre au point le Mode 7.

 
Le Mode 7 est un programme permettant de jouer sur la taille et l’orientation des textures d’arrière-plan pour générer des rotations et des zooms. En jouant avec les perspectives, on peut ainsi obtenir un genre d’effet 3D révolutionnaire à l’époque.

F-Zero sort en même temps que la Super Famicom au Japon, le 21 novembre 1990. Le jeu se situe en l’an 2560 et nous met aux commandes d’un hovercraft futuriste (à choisir parmi quatre véhicules) pouvant dépasser les 500 Km/h ! Au-delà d’un simple jeu de course, F-Zero fait également office de démonstration technique du Mode 7 avec des perspectives qui donnent une sensation de vitesse folle.

 
Autant dire que le jeu faisait rêver. Il arrive en Europe en juin 1992, deux mois après la Super Nintendo. Le temps que l’information n’arrive à mes petites oreilles, nous sommes déjà en 1994…

 Acheter un jeu vidéo au début des années 90

J’ai grandi dans une ville de taille moyenne. Il n’y avait pas de magasins spécialisés dans le jeu vidéo. Il fallait donc tenter sa chance dans les supermarchés pour trouver une cartouche, sauf qu’ils ne disposaient pas d’un rayon très étoffé. De temps en temps, on faisait une demi-heure de route avec mes parents pour trouver un Mammouth, un supermarché plus grand avec un rayon un peu plus étoffé. Sauf que les jeux étaient dans une vitrine fermée à clé. Le responsable acceptait de l’ouvrir à condition qu’on soit sûr d’acheter un jeu… On ne pouvait toucher les belles boîtes en carton qu’une fois notre décision prise. On achetait donc parfois les jeux avec les plus belles jaquettes, tout bêtement. Un exercice périlleux quand il faut claquer les 500 francs économisés depuis Noël ou son anniversaire… C’est comme cela que les joueurs avec plus de 25 ans d’expérience comme moi ont développé une sorte de super pouvoir : rien qu’en regardant la pochette d’un jeu, on devine s’il est bon ou pas.


 F-Zero : bon / Race Drivin’ : pas bon

 
Bref, pas beaucoup de choix possibles. L’alternative était de s’orienter vers la boutique de jouets du centre-ville. Elle avait très peu de jeux vidéo et ces derniers étaient vendus plus chers qu’ailleurs, mais on pouvait y commander le jeu de notre choix.

Choisis ton jeu mon gamin

J’ai donc tout juste 9 ans et je vais au centre-ville avec ma grand-mère pour acheter F-Zero. Après quelques minutes de marche, nous arrivons à la boutique de jouets.

Quand j’entends des amis me dire qu’enfants ils n’avaient pas le droit de jouer aux jeux vidéo, je me dit que je suis un sacré veinard. Non seulement mes parents me laissaient jouer, mais mes grands-parents aussi. Et quand je demandais un jeu pour Noël ou mon anniversaire, je l’avais. Faut dire que j'étais un "bon gamin". De bons résultats à l'école, pas de problèmes avec l'autorité, une bonne éducation.

- Choisis ton jeu mon gamin.

- Il n’est pas en rayon...

Ma grand-mère s’adresse alors au gérant du magasin qui nous répond qu’il faut commander F-Zero car il ne l’a pas en stock. La commande est passée, on reviendra dans quelques semaines. Oui, “semaines”...

Premier contact, enfin !

F-Zero arrive enfin chez le vendeur de jouets. On passe le prendre, on rentre, et comme à chaque fois, je lis le livret avant de lancer le jeu. A l’époque, les livrets ne servaient pas seulement à mettre les droits d’utilisation et la liste des commandes. On y trouvait souvent le scénario du jeu, un descriptif des personnages, des artworks et parfois même une bande dessinée.
 
 

La BD de F-Zero est même en français !


 Je lance enfin le jeu pour la première fois. Inutile d’en faire une énième apologie, F-Zero est cool. Le générique épique, le souffle des bolides volants, les couleurs flashy qui défilent à toute vitesse : un vrai baptême du feu pour qui aurait une légère tendance à avaler sa langue…

Merci Mémère

Je profite de cette tribune pour remercier ma grand-mère. Les jeux vidéo ne sont pas du tout de sa génération, et elle ne s’y intéresse pas. Mais elle n’a jamais été contre, même quand je jouais à Street Fighter II à 7 ans (“bouh les jeux vidéo ça rend violent”, tout ça). On dit que l’humain a peur de ce qu’il ne connaît pas. Faut croire que ma grand-mère n’a peur de rien…

Si on aime les jeux vidéo, ce n’est pas uniquement parce qu’on aime jouer. C’est aussi parce que c’est un vecteur fort de liens sociaux. Ces petites cartouches en plastique ont permis à tous les joueurs de créer des amitiés et d’emmagasiner des souvenirs qu’on se raconte avec nostalgie.

Aujourd’hui, F-Zero fait toujours partie de ma petite collection de jeux. Rangé soigneusement, dans un état proche du neuf, je le conserve religieusement. Pas seulement parce que c’est un bon jeu, mais surtout parce que c’est le jeu que ma grand-mère m’a offert. C’est le jeu qui me rappellera ma Mémère pour toujours.

Ma grand-mère m’a offert le jeu vidéo le plus rapide du monde. Tu peux pas test...


Christopher Billaud (alias Ristou)

Né en 1985, ma première expérience vidéoludique s’est déroulée sur la console de mon père, une Hanimex SD-070 Couleur (ça en jette, hein ?). J’ai ensuite connu la renaissance du jeu vidéo avec l’arrivée de la NES. Depuis, je suis un vrai passionné de jeu vidéo, son histoire, sa culture, toutes ses petites anecdotes qu’on aime se partager entre amis. J’ai donc tout naturellement intégré l’équipe de Culture Games en tant que rédacteur fin 2008, avant de devenir rédacteur en chef l’année suivante. Le site est, pour mes compères et moi, l’occasion de partager notre passion du jeu vidéo, avec de la bonne humeur et des Pépitos !

2 commentaires:

  1. Coucou,
    F-Zero est un des premiers jeux de course auxquels j’ai joué. Ton article m’a rappelé de très bons souvenirs, merci.
    Au revoir

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    Réponses
    1. Salut Anonyme,
      Merci pour ton commentaire. Si j'ai pu te rappeler de bons souvenirs, j'ai atteint mon objectif. :-)
      @ bientôt !

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