dimanche 2 mars 2014

Baten Kaitos Origins, par Sylvain Romieu


Anecdotes de gamers
 
Une fois par mois (parfois plus) un joueur expérimenté (de la catégorie des passionnés les plus vifs ) nous fait revivre une licence, un jeu marquant, une console autour de ses souvenirs personnels, d'anecdotes inédites et autres petits plus qui forgent le style et la passion. Cette semaine, Sylvain (Chroniques-ludiques) nous parle de Baten Kaitos Origins...



En tant que grand amateur de RPG, et ce depuis de nombreuses années, j’aurais pu vous parler de Final Fantasy, de Chrono Trigger, de Secret of Mana ou de n’importe quel jeu un peu connu de l’âge d’or du genre, à l’époque des consoles 16, puis 32 bits. Des anecdotes, des souvenirs heureux, on pourrait en trouver à la pelle. Les jeux étaient bons et instantanément placés au rang du merveilleux au travers du regard de l’enfance. Mais non, aujourd’hui je vais vous parler d’un RPG sorti un peu plus récemment, mais qui m’a tout de même profondément marqué. Je n’ai jamais eu l’occasion de coucher quelques mots sur un papier à propos de celui-ci, ni jamais osé, à vrai dire. L’occasion ne pourrait être meilleure, sept ans plus tard et toujours avec un souvenir aussi fort, pour vous raconter Baten Kaitos Origins.

Il faut savoir que la Gamecube n’a jamais été console de RPG. Face à une Playsation 2 d’une richesse rôlesque inespérée, la console 128 bits de Nintendo n’avait pas la dragée haute. Cela ne l’empêchait pas pour autant d’accueillir de très bons jeux, comme un Wind Waker ou un Metroid Prime. Mais, entre nous, un bon petit RPG de temps en temps ne fait jamais de mal. C’est à ce moment-là qu’est intervenu Monolith Software et son très surprenant Baten Kaitos. Un nom original, et désormais inoubliable. Je me souviens avoir découvert ce titre au détour d’un dossier gargantuesque du (Feu) magazine Gameplay RPG, qui présentait le jeu dans sa version japonaise. C’était génial, tout simplement. Un RPG à base de decks de cartes, beau, long, intéressant, avec une musique divine, et doté d’une direction artistique absolument superbe, avec ces continents flottants et ces petits êtres ailés. Le jeu se payait même le luxe d’être original et d’impliquer le joueur dans son aventure, en tant qu’ange gardien et, par la force des choses, compagnon direct de ces personnages virtuels. Inutile de vous cacher que l’attente d’une version européenne a été longue, très longue. Baten Kaitos était devenu le meilleur RPG de la console, et un excellent RPG comparé au reste du monde.
 
L’aventure était loin d’être terminée, et c’est d’ailleurs là où la nôtre débute, car Monolith Software annonça quelques temps plus tard qu’une suite était en préparation, une préquelle en réalité, nommée Baten Kaitos Origins. « Chouette » aurait été un bel euphémisme, pour le coup. On pensait tous que ce titre allait arriver en Europe, version PAL comme on disait à l’époque, mais le destin (et Nintendo) en a voulu autrement. Après des mois d’attente, des promesses de sortie, des annonces et des réservations bancales, BKO, de ses initiales, était mort-né dans nos contrées. Le seul moyen : acheter un freeloader et commander le jeu en version américaine, ce qui signifiait encore un peu d’attente. Mais soit, et cela m’a permis de jouer à un jeu que qualifiais 80 heures plus tard d’un enthousiaste « meilleur RPG du monde ». Rien que ça, et c’est bien à cause de lui que je me retrouve à écrire ce papier aujourd’hui. 

 
Pourquoi le meilleur ? Tout simplement parce qu’en terme de RPG pur et dur, il est parfait. Il réunit tous les ingrédients de l’âge d’or auquel je faisais référence plus haut, en transcendant les codes établis. On pourrait prendre le meilleur de chacun, et le résultat ne pourrait être que le Baten Kaitos Origins que l’on connait. L’écriture des personnages est remarquable (Chrono Cross), l’univers dépeint est une offrande à l’imagination et au voyage (Skies of Arcadia), le rythme est d’une justesse absolue (Final Fantasy VI), et même le bad guy du jeu se voit gratifié d’une classe affolante (Final Fantasy VII). Mince, je m’étais juré d’écrire sur ce jeu sans faire d’interminables listes dithyrambiques, et me voilà bien parti pour rompre cette promesse. L’exercice est particulièrement difficile, tant ce jeu évoque de bonnes choses dans mon esprit.

Je ne vous ai pourtant pas encore parlé de l’histoire, prenante, mystérieuse, portée par une plume décidemment plus qu’inspirée. Le lien entre le premier Baten Kaitos, œuvre déjà complète avec un début et une fin, était loin d’être évident, et pourtant. Et pourtant. C’est aux côtés d’un Koh Kojima complètement décomplexé que l’on déroule son histoire, sa vision du diptyque Baten Kaitos. Si le premier épisode avait été signé Masato Kato, déjà auteur des célèbres scripts de Chrono Trigger, Xenogears ou encore Final Fantasy VII - rien que ça - Koh Kojima n’a pas eu peur de l’ambitieux héritage. Il a même réussi à magnifier le travail de son collègue sur cette préquelle, pour un résultat brillant, tout simplement.  
 
Le système de combat se révèle aussi être un modèle du genre. Comme son ainé, il se base sur des enchainements de cartes et de coups spéciaux, le tout sur une musique diaboliquement entrainante. La seule différence : dans Baten Kaitos Origins tout est devenu plus dynamique, rapide. La plupart des affrontements nécessitent une concentration assez intense, vu le challenge, savamment dosé pour une fois, et les quelques subtilités qui jouent sur des mécanismes assez simples au premier abord, pour un système de combat vraiment complet une fois maitrisé.
  
Difficile, à l’époque, d’imaginer que la Gamecube allait accueillir un tel jeu, un tel monument du RPG, pourtant des années après les classiques du genre. C’était sans avertissement, sans même une diffusion généralisée pour que le monde entier en profite. Je sais qu’il y a encore des gens qui travaillent au corps la firme du plombier moustachu, pour pousser la sortie sur l’eShop des dernières consoles, mais jusqu’à maintenant, sans succès. Reste un jeu physiquement assez inaccessible pour le moment, d’une rareté à toute épreuve et vendu à un prix hors norme sur les sites d’import.
 Allez, Nintendo, un petit effort !
Sylvain Romieu

Curieux de nature, rêveur contre-nature, râleur chronique mais aussi voyageur de passion, du réel à l'irréel, je m'efforce, au mieux, de poser sur papier (ou plutôt un site : Chroniques-ludiques ) le fruit de mes élucubrations virtuelles.

1 commentaire:

  1. Bonjour,
    Ce jeu d’aventure a l’air vraiment bien. Merci de l’avoir partagé.
    Au revoir

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