samedi 24 décembre 2011

Rayman 2 par Mathieu Goux.

Je pense que la N64 est la console de sa génération à laquelle j'ai le plus joué. Elle fut d'ailleurs la première console que j'ai pu acquérir après ma Super Nintendo, n'ayant eu une Playstation que vers 1998. C'est une console étrange, qui a en réalité subi le sort de toutes ces plates-formes un peu « underground » qui existent en marge des têtes d'affiche (tels que la PC-E ou dans une moindre mesure la Master System) et qui, de là, a su accueillir des jeux souvent à part de ce que l'on trouvait chez la concurrence.

Rayman fut l'un des premiers jeux Playstation que j'ai acheté, donc en 1998. J'ai été immédiatement charmé par ses graphismes, sa musique, sa durée de vie bref, je le plaçais immédiatement dans le panthéon de mes jeux favoris pour des raisons sur lesquelles je ne reviendrai pas, j'ai écrit un article pour Grospix' récemment sur cette question.

Aussi, quand Ubi Soft sort sa suite sur N64 l'année d'après, je ne pouvais décemment pas faire la sourde oreille. Je me souviens que le jeu avait eu d'excellentes critiques dans X64 (magazine dédié à la console qui sortait à l'époque), et que le testeur était extatique. Je me souviens l'avoir commandé à la Redoute pour mon anniversaire, et que j'ai rapidement acheter une carte mémoire car le jeu n'avait pas de sauvegarde interne. Un ami l'avait même acheté sur PC, et c'est vrai qu'il était bien plus beau mais la manette N64 était l'idéal pour jouer à ce jeu. Bref.


Les jeux de plates-formes en 3D pleine (pas comme Crash Bandicoot ou Pandemonium donc) copiaient à l'époque énormément la structure de Super Mario 64, c'est-à-dire un hub conduisant aux différents mondes, et des missions spécifiques au sein de celles-ci. Banjo-Kazooie, bien que modulant un peu ce modèle, ne faisait que le répéter, même si c'était avec brio. La première chose qui frappe avec Rayman 2, c'est qu'il choisit de faire autrement. D'une part, il conserve une structure en niveaux reliés entre eux par une très jolie carte, habillée d'une très jolie musique. D'autre part, il n'y a pas, à proprement parler, de « grandes plaines » mais plutôt des petites arènes reliées par des couloirs, chacune tournant autour d'une épreuve en particulier : ce peut être un combat, une phase de plates-formes voire une petite énigme. C'était la première fois que j'étais confronté à un système comme ça, et, j'y pense à présent, mais avec le système de « lock » que Rayman avait, cela conférait au jeu un côté « action » bien plus marquée que son aventure précédente.

 

Ce qui m'avait surpris aussi, c'est la teneur bien plus sombre du jeu en comparaison du premier Rayman. Les pirates de Razorbeard ont envahi la Croisée des Rêves, ont capturé tous les amis du héros, l'ont enfermé à double tour et l'ont privé de ses pouvoirs... On sent véritablement une odeur de mort et de détresse qui tranche avec le côté bienveillant de l'épisode précédent. Je n'ai jamais été, en revanche, très fan des nouveaux personnages, que ce soit Polokus, les Ptizêtres ou Globox, ou encore le nouveau design de Bétilla. Pour cette dernière, je lui trouvais un petit côté « héroïne de dessin animé de France Télévision », du type « Code Lyoko » (je sais plus trop ce qu'il y avait comme série à l'époque). Bref, ça ne collait pas avec l'image que je me faisais de l'univers du jeu. À l'inverse, j'aimais beaucoup les pirates, qui étaient vraiment menaçants et accompagnés d'un thème musical très réussi. D'ailleurs, j'en profite pour dire que les musiques d'Éric Chevalier sont toujours exceptionnelles, non loin d'égaler celles du premier Rayman dans un registre cependant bien différent.


Si le jeu m'a plu à l'époque, c'était aussi pour le soin apporté aux détails et l'humour distillé ci et là. Je me rappelle des courses en « obus à pattes » (j'avais même une petite figurine représentant Rayman sur un obus que j'avais glané dans un Happy Meal de chez Macdonald), ceux-ci se comportant à la fois comme des chevaux prompts à ruer et comme des toutous, Rayman leur faisant une petite caresse à la fin du parcours et eux de se blottir contre lui, et surtout de ce passage dans le niveau « La Canopée » si je me souviens bien où, pour passer une porte surveillée par une caméra, il faut se dissimuler dans un buisson et s'en servir comme camouflage. La caméra finit par repérer le buisson qui marche et se contente de dire « Bzzt, rien à signaler. Juste un buisson avec un gros nez ». Ou encore, dans le dernier niveau, un passage entier sur un obus volant cette fois-ci qui reprend le fameux passage de la tranchée de l'Étoile de la Mort du premier Star Wars.



Ce dernier niveau d'ailleurs... J'ai failli ne pas en voir le bout, et je n'ai réussi qu'une seule et unique fois. Pour y accéder, il fallait déjà collecter un certain nombre de lums (comme pour débloquer des niveaux spécifiques du reste), des petites boules de lumière placées dans les stages, et qui n'apparaissent qu'une seule et unique fois ; une fois collectées, elles disparaissent à jamais, un peu comme les notes de musique de Banjo-Tooie. Il y en avait 1000 en tout dans le jeu, et il fallait parfois refaire un niveau en entier pour retrouver la petite bulle que l'on avait oubliée, peut-être le seul véritable défaut que j'imputerai au jeu.


Ce dernier stage se déroule dans le vaisseau-mère de Barbe Tranchante, et il est surtout composé d'un très long passage en obus volant au sein d'un labyrinthe de couloirs avec des obstacles qui surgissent dans tous les sens, et qui se solde par un combat en deux phases avec le capitaine des pirates qui dirige un robot géant. La première partie du combat est assez simple, mais on se retrouve par la suite à nouveau sur un obus volant dans une toute petite arène, avec de la lave en-dessous de nous et le boss qui nous envoie des projectiles à cadence soutenue... Un enfer, sans doute l'un des boss les plus difficiles que je puis connaître dans la catégorie « jeu de plates-formes ». C'est surprenant d'ailleurs, car j'ai trouvé le jeu bien plus facile dans son ensemble que le premier Rayman. Ce combat final détonne véritablement à ce niveau-là, mais il n'est rien cependant qu'un peu de ténacité ne parvienne à vaincre.


Ce qui m'étonne le plus dans toute cette affaire, c'est que Rayman 2: The Great Escape, et ce malgré ses qualités indéniables, son ambiance travaillée et sa jouabilité étonnamment parfaite, semble faire partie des « parents pauvres » du jeu de plates-formes 3D. Je ne le trouve que rarement cité dans les anthologies, alors qu'il se renouvelle constamment, y compris dans sa structure là où quasiment tous les autres jeux de l'époque n'ont fait que reprendre à leur compte le principe de Super Mario 64 sans trop se poser de questions. De ce point de vue, il inaugure déjà ce que sera la configuration de Super Mario Galaxy 2 : une carte du monde linéaire avec plusieurs embranchements, des niveaux construits en petites arènes qui se succèdent... L'on sent véritablement que l'équipe de Michel Ancel a pensé son jeu de bout en bout, et n'a pas fait une adaptation vite fait, mal fait, sacrifiant ainsi son personnage sur l'autel de la trois dimensions. Il est probable que les nombreuses rééditions, paresseuses le plus souvent, ont pu faire croire à chacun que ce n'était là qu'un jeu secondaire dans l'histoire d'Ubi Soft, un fifrelin prompt à être dépensé pour remplir un trou dans un planning quelconque.


Grossière erreur.

Je m'en aperçois aujourd'hui, mais je pense que Rayman 2 avait près de 10 ans d'avance sur la concurrence. Là où tout un chacun s'évertuait à multiplier les mouvements réalisables par leurs personnages, remplissait leurs aventures de mini-jeux souvent très médiocres et s'évertuait à créer des hubs souvent inintéressants, The Great Escape tranchait déjà radicalement dans le gras pour offrir une expérience aux petits oignons qui ne trahit pas l'exigence de qualité de la série entière.

De là à dire qu'il faut l'avoir fait une fois dans sa vie...

1 commentaire:

  1. Hello^^

    Je fais actuellement des let's play sur RAYMAN 2.

    Lien : http://www.youtube.com/user/PlayerZak?feature=mhee

    Enjoy :)


    Zak.

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